01

Distinguer quatre opérations qui n’ont pas le même risque

Voir le direct, relire une période, exporter un fichier et transmettre un flux sont quatre actions différentes. L’application mobile peut techniquement les réunir, mais la gouvernance doit les séparer par rôle et par besoin.

Un gardien peut avoir besoin d’un affichage opérationnel limité, tandis qu’un gestionnaire habilité effectue une recherche après un signalement. L’export et la transmission ajoutent une copie qui doit être protégée et remise de manière traçable.

  • Direct : usage opérationnel défini
  • Relecture : recherche bornée
  • Export : copie protégée
  • Transmission : destinataire et cadre identifiés
02

Qui peut être habilité dans la résidence ?

La CNIL indique que seules les personnes habilitées dans le cadre de leurs fonctions peuvent visionner les images, par exemple le syndic, le gestionnaire, le gardien ou des membres du conseil syndical spécifiquement habilités selon l’organisation retenue.

L’habilitation ne signifie pas un accès permanent à tout depuis un téléphone personnel. Le projet doit préciser les missions, les caméras visibles, la relecture autorisée et la procédure d’urgence. Les comptes partagés empêchent de savoir qui a consulté quoi et doivent être évités.

  • Nommer les rôles et leurs finalités
  • Créer des comptes individuels
  • Limiter les caméras et fonctions par profil
  • Retirer les accès à chaque changement de personne
03

La procédure des trente premières minutes après un signalement

Le demandeur fournit une plage horaire, une zone, la nature de l’incident et, si possible, un repère non sensible. La personne habilitée vérifie d’abord la durée de conservation restante puis recherche la séquence sans parcourir inutilement d’autres caméras.

Lorsqu’un extrait utile est trouvé, il est exporté avec son heure, sa caméra, son format et son empreinte ou identifiant interne si le système le permet. La copie est placée dans un espace protégé ; elle n’est ni envoyée dans un groupe de résidents ni conservée sur une clé personnelle non maîtrisée.

  • Enregistrer la demande
  • Borner heure et zone
  • Préserver l’extrait avant écrasement
  • Noter l’auteur et le motif de l’export
  • Protéger le support et le canal de remise
04

Une personne filmée peut exercer un droit d’accès

Une personne peut demander l’accès aux images qui la concernent selon les règles applicables. La résidence vérifie son identité de manière proportionnée, recherche la séquence dans la période disponible et protège les droits des autres personnes apparaissant à l’image.

La réponse ne consiste pas nécessairement à remettre la vidéo brute montrant tous les voisins. Un visionnage encadré, un extrait ou un masquage peut être nécessaire. La CNIL fournit une démarche dédiée ; en cas de difficulté, le responsable du traitement et ses conseils déterminent la réponse appropriée.

  • Identifier précisément date, heure et lieu
  • Vérifier l’identité sans collecter excessivement
  • Protéger les tiers visibles
  • Tracer la réponse et respecter le délai applicable
05

Remettre une séquence aux forces de l’ordre

Après une plainte ou une réquisition, les personnes habilitées peuvent être amenées à communiquer une séquence aux autorités selon le cadre applicable. La remise doit identifier le service destinataire, la demande, l’extrait et la date, sans diffuser le fichier à d’autres personnes.

Cette communication ponctuelle après incident est distincte de la transmission en temps réel d’images aux forces de l’ordre, encadrée par le Code de la sécurité intérieure et, lorsqu’elle est envisagée, par une convention et des conditions spécifiques.

  • Conserver la référence de la demande
  • Remettre uniquement l’extrait utile
  • Utiliser un support ou canal maîtrisé
  • Journaliser la date et le destinataire
  • Ne pas confondre remise ponctuelle et flux en temps réel
06

Pourquoi WhatsApp, l’e-mail personnel et l’écran dans le hall sont de mauvaises idées

Une capture partagée dans une messagerie échappe rapidement au contrôle de la copropriété. Elle peut identifier un résident, un livreur, un enfant ou un visiteur sans rapport avec l’incident et être transférée bien au-delà du groupe initial.

Un écran visible de tous ou une application partagée transforme aussi un dispositif de sécurité en observation collective. La recherche d’un auteur ne justifie pas une diffusion publique. Les échanges restent limités aux personnes et autorités ayant un motif légitime dans la procédure prévue.

  • Pas de publication sur un groupe de résidents
  • Pas de compte générique partagé
  • Pas de copie sur un équipement personnel non autorisé
  • Pas d’affichage permanent accessible au public
07

Sécuriser les comptes, l’enregistreur et les journaux

La gouvernance échoue si le NVR est dans un placard accessible, si tous utilisent le compte administrateur ou si l’accès distant reste actif après le départ d’un gardien. Le coffret, le réseau et les secrets font partie de la protection des images.

Les opérations importantes doivent pouvoir être retracées : connexion, relecture, export, modification d’un compte ou changement de configuration. Les capacités varient selon les équipements ; elles doivent être vérifiées avant l’achat et lors de la réception.

  • Coffret fermé et accès physique limité
  • Comptes nominatifs avec droits minimaux
  • Authentification renforcée lorsque disponible
  • Journalisation et revue régulière
  • Suppression des accès obsolètes
08

Formaliser une fiche incident simple

Une fiche d’une page suffit pour éviter l’improvisation : qui reçoit la demande, quelles informations recueillir, qui peut relire, où stocker l’extrait, qui valide la remise et quand supprimer la copie de travail.

La fiche est cohérente avec l’information des résidents, le registre des traitements, les durées et les contrats. Elle est testée avec un scénario synthétique avant qu’un incident réel ne survienne.

  • Demandeur, motif, date et zone
  • Habilité ayant effectué la recherche
  • Caméra et plage exportées
  • Destinataire et mode de remise
  • Date de suppression de la copie

Questions fréquentes

Les réponses essentielles

Un copropriétaire peut-il regarder les images ?+

Pas simplement parce qu’il est copropriétaire. L’accès est limité aux personnes habilitées pour leurs fonctions et aux demandes recevables. Une personne filmée peut exercer ses droits selon une procédure qui protège aussi les tiers.

Le conseil syndical peut-il avoir l’application sur son téléphone ?+

Une habilitation ciblée peut être envisagée selon l’organisation décidée, mais elle ne justifie pas un accès général et permanent. Les fonctions, caméras, appareils autorisés, comptes individuels et traces doivent être encadrés.

Une victime peut-elle obtenir une copie ?+

Elle peut demander l’accès aux images qui la concernent. La réponse dépend de la disponibilité, de l’identification de la séquence et de la protection des autres personnes visibles ; un masquage ou un visionnage encadré peut être nécessaire.

Peut-on partager une capture dans le groupe de la résidence ?+

Cette diffusion expose des personnes et échappe au contrôle de la copropriété. Une séquence utile doit suivre la procédure prévue et être remise uniquement aux destinataires habilités ou compétents.

Le syndic peut-il remettre des images à la police ?+

Une communication ponctuelle peut intervenir selon la demande et le cadre applicables. Elle doit être limitée, sécurisée et tracée. Elle ne doit pas être confondue avec une transmission en temps réel, qui relève d’un régime spécifique.

Faut-il tracer les consultations et exports ?+

Oui, la traçabilité aide à contrôler les accès, expliquer les remises et détecter les usages anormaux. Il faut vérifier les journaux disponibles dans le NVR ou le VMS et compléter par une fiche incident si nécessaire.

Sources consultées

Références officielles et techniques

La réglementation et les caractéristiques évoluent. Nous vérifions les textes et la référence exacte au moment du projet.