Distinguer démarque connue, démarque inconnue et marge
La démarque connue comprend les pertes identifiées et enregistrées : casse, péremption, échantillons, consommation, dons, erreurs corrigées ou réduction de prix selon la méthode de l’entreprise. La démarque inconnue apparaît lorsque le stock physique est inférieur au stock théorique sans motif correctement comptabilisé.
La marge commerciale et la démarque ne sont pas le même indicateur. Pour éviter les comparaisons trompeuses, l’entreprise choisit une base constante — par exemple le coût d’achat —, documente les taxes et la période, et ne mélange pas valeur de vente, prix promotionnel et coût dans le même ratio.
- Stock théorique
- Stock physique
- Sorties connues
- Écart inexpliqué
- Base de valorisation constante
- Période comparable
Calculer un taux exploitable et non un chiffre décoratif
Une formule opérationnelle consiste à valoriser l’écart inexpliqué sur une base constante, puis à le rapporter au chiffre d’affaires hors taxes ou au coût des marchandises sur la même période. L’entreprise conserve la même convention pour suivre l’évolution et sépare les familles dont la marge ou la rotation sont très différentes.
Exemple purement illustratif : un écart inexpliqué de 12 000 euros au coût d’achat sur 1 000 000 euros de chiffre d’affaires hors taxes représente 1,2 % selon cette convention. Ce n’est ni une moyenne sectorielle ni un objectif recommandé ; c’est un exemple de calcul qui doit être rapproché de la marge perdue et des causes.
- Même période au numérateur et au dénominateur
- Même base de valeur
- Résultat par magasin
- Résultat par famille
- Marge perdue
- Intervalle de confiance des inventaires
Construire l’arbre des causes sans accuser trop vite
Les grandes familles sont le vol externe, le vol interne, les erreurs fournisseurs, la réception, la réserve, la mise en rayon, la caisse, les retours, les transferts et l’inventaire. Un écart sur un produit ne désigne pas son auteur ni l’étape responsable.
L’enquête commence par les données et les contrôles de processus. Les écarts de quantité, doublons, mauvaises unités, codes-barres voisins, promotions, colis partiels ou corrections tardives peuvent imiter une perte. Les mesures concernant les salariés restent proportionnées, transparentes et conformes au droit du travail et aux règles de protection des données.
- Vol externe
- Vol interne
- Erreur fournisseur
- Réception et transfert
- Caisse et retours
- Casse non saisie
- Inventaire et référentiel
Prioriser avec une analyse produit, zone, heure et étape
Le taux global est décomposé par magasin, rayon, catégorie, SKU, jour et étape logistique. Une analyse ABC croise valeur perdue, marge, fréquence, rotation et facilité de protection. Les dix références les plus coûteuses ne sont pas forcément celles qui ont le taux le plus élevé.
La cartographie relie ensuite chaque famille à son parcours : réception, réserve, rayon, cabine, caisse, retour et sortie. Une anomalie concentrée après livraison ne justifie pas le même correctif qu’une sortie récurrente d’articles encore tagués.
- Valeur absolue perdue
- Taux par SKU
- Marge et rotation
- Étape du parcours
- Horaire et équipe
- Zone du magasin
Fiabiliser réception, réserve, transferts et inventaires
La réception compare commande, bon, colis et quantité réellement comptée. Les écarts sont enregistrés avant mise en stock et les corrections ont un motif. Les transferts entre sites utilisent un départ et une arrivée rapprochables, sans stock en transit permanent.
Les inventaires tournants ciblent les références sensibles entre deux inventaires généraux. Les produits à forte valeur disposent d’un emplacement, d’un seuil et d’un responsable. Les accès à la réserve, aux retours et au local informatique sont limités au besoin.
- Contrôle à réception
- Motif obligatoire de correction
- Transferts rapprochés
- Inventaires tournants
- Zones à accès limité
- Écart traité rapidement
Sécuriser caisse, remises, annulations et retours
Les opérations sensibles sont définies : annulation, remboursement, remise exceptionnelle, ouverture de tiroir, retour sans ticket et correction de quantité. Les droits suivent les rôles et les contrôles sont réguliers, sans transformer chaque erreur en soupçon.
Aux caisses automatiques, la CNIL rappelle que les caméras augmentées analysant les gestes ou articles ne sont généralement pas anonymes et relèvent du RGPD. Avant ce type de dispositif, l’enseigne étudie des solutions moins intrusives comme la pesée, la RFID, le contrôle aléatoire ou la validation d’un ticket.
- Droits par rôle
- Motifs de remise
- Rapprochement des retours
- Contrôle aléatoire proportionné
- Alternatives à la caméra augmentée
- Information des clients
Déployer les portiques sur les familles qui le justifient
Un système EAS est dimensionné avec les passages et les produits. La technologie, le tag, sa position, le détachement et la désactivation sont testés ensemble. Équiper toutes les références sans contrôler la caisse peut augmenter les alarmes sans réduire la perte.
Le pilote compare une période et des familles suffisamment stables, en tenant compte des promotions, saisons et changements d’inventaire. Les indicateurs incluent disponibilité, taux d’étiquetage, oublis de désactivation, alarmes expliquées et écart des catégories protégées.
- Familles à risque
- Essais AM, RF ou RFID
- Étiquetage standard
- Désactivation en caisse
- Alarmes qualifiées
- Pilote avant généralisation
Utiliser la vidéo et l’analyse dans un cadre licite
Dans un commerce, la vidéo peut protéger personnes et biens et aider à comprendre un incident, mais elle ne doit pas surveiller en permanence un poste de travail ni enregistrer le son sans justification. La CNIL rappelle l’autorisation préfectorale pour les zones ouvertes au public, l’information, les accès limités et une conservation qui ne dépasse généralement pas un mois, souvent plus courte selon le besoin.
Une fonction d’analyse automatisée n’est pas activée par défaut. L’enseigne décrit l’objectif, évalue la nécessité, les erreurs et les alternatives, informe les personnes et réalise les démarches applicables. Un tableau de bord agrégé peut guider les opérations sans identifier des individus.
- Finalité définie
- Autorisation selon les zones
- Panneaux visibles
- Durée proportionnée
- Accès habilités
- Analyse séparément évaluée
Former sans créer une culture de suspicion
Les équipes apprennent à réceptionner, corriger, taguer, désactiver, traiter une alarme et signaler une anomalie. Les consignes face à un client restent calmes, non accusatoires et donnent priorité à la sécurité. Les salariés n’ont pas à engager une confrontation dangereuse.
Le management partage les indicateurs de processus et les améliorations, pas des classements individuels opaques. Un canal de signalement, une séparation des tâches et des contrôles cohérents réduisent les opportunités tout en préservant la confiance.
- Formation caisse et réception
- Réaction non accusatoire
- Priorité à la sécurité
- Canal d’anomalie
- Séparation des tâches
- Retour d’expérience
Conduire un plan de réduction sur 90 jours
Les trente premiers jours fiabilisent définitions, données et inventaires. Les trente suivants testent deux ou trois causes prioritaires dans un magasin ou une famille. Les trente derniers consolident les résultats, corrigent les effets indésirables et décident d’une généralisation chiffrée.
Chaque action possède un responsable, un coût, un indicateur de résultat et une date de revue. Une amélioration n’est attribuée à un équipement que si les volumes, promotions, prix et méthodes d’inventaire restent comparables. Le plan devient ainsi un processus d’exploitation et non une campagne ponctuelle après une mauvaise clôture.
- Jours 1 à 30 : mesurer
- Jours 31 à 60 : piloter
- Jours 61 à 90 : décider
- Coût et marge préservée
- Effets indésirables
- Réplication contrôlée
Questions fréquentes
Les réponses essentielles
Qu’est-ce que la démarque inconnue ?+
C’est la part de l’écart entre stock théorique et stock physique qui n’est pas expliquée par des sorties correctement enregistrées. Elle peut venir du vol, mais aussi d’erreurs de réception, caisse, retour, transfert ou inventaire.
Comment calculer le taux de démarque inconnue ?+
Valoriser l’écart inexpliqué sur une base constante puis le rapporter à un indicateur de la même période, par exemple le chiffre d’affaires hors taxes. La convention doit rester identique pour comparer les périodes.
Quel est le taux moyen de démarque inconnue en France ?+
Il n’existe pas un taux officiel unique et directement comparable pour tous les commerces. Les secteurs, méthodes et bases de valorisation diffèrent ; le meilleur point de départ est la donnée interne documentée.
Les portiques antivol suffisent-ils ?+
Non. Ils agissent sur certaines sorties d’articles marqués. Réception, caisse, retours, inventaires, droits d’accès, formation et analyse des écarts restent indispensables.
Peut-on filmer les caisses ?+
Un commerce peut protéger certaines zones dans un cadre défini, mais doit respecter les règles applicables, informer les personnes, limiter le champ, les accès et la conservation, et ne pas placer les salariés sous surveillance permanente.
Par où commencer un plan de réduction des pertes ?+
Définir la méthode de calcul, vérifier la qualité des stocks, isoler les familles et étapes qui concentrent la valeur perdue, puis tester quelques correctifs mesurables avant d’équiper tout le réseau.
Sources consultées
Références officielles et techniques
La réglementation et les caractéristiques évoluent. Nous vérifions les textes et la référence exacte au moment du projet.


